Vendredi 6 août 2010 5 06 /08 /Août /2010 02:08

Oui, je sais, vous en avez marre de Gary. Mais, eh, qu'est-ce que vous croyez ? Moi aussi j'en ai marre des fois. Mais se débarrasser de lui est à peu près aussi simple que de décoller proprement une étiquette sur un pot en verre (je vois qu'il y en a qui me comprendront). Je suis donc un pot en verre dont Gary est le code-barre autocollant (comme c'est poétique). Autrement (et plus joliment) dit, il me colle à la peau.

 

Surtout en ce moment.

 

Il y a quelques jours (dans la nuit de vendredi 30 à samedi 31 juillet pour être précise, même si tout le monde s'en fiche), j'ai écouté un CD qu'un copain avait oublié chez moi (un CD gravé, sans jaquette ni liste de titres, que j'ai donc écouté totalement à l'aveuglette, après en avoir reçu l'autorisation de son propriétaire légitime, naturellement, je suis une jeune femme bien élevée, voyons). Et une chanson m'a immédiatement fait me jeter sur mon bloc-notes pour en noircir des pages et des pages au sujet d'une scène que je ne savais alors pas encore comment écrire, la scène de clôture du Livre 3 de Parallèle, Déchirures, centré sur Gary et Nimue. Une scène atroce d'intensité, tellement poignante que j'en ai éclaté en sanglots devant mon écran (dans ces moments-là, je bénis les Muses de m'avoir rendue prolifique de nuit, pour m'éviter la honte magistrale de me mettre à chialer en scribouillant devant le reste du monde en plein jour). Un peu remise de ma crise de larmes (mouchée-épongée-raisonnée), je me suis précipitée sur tonton Google pour y taper les paroles du refrain, dans l'espoir de trouver le titre et l'interprète de cette chanson (il m'avait semblé reconnaître la voix du chanteur de The Script, mais je n'étais pas sûre du tout. Et pour cause, je me trompais).

 

La chanson s'appelle Wonderful. Elle est interprétée par un jeune chanteur anglais nommé ... Gary Go (Baker de son vrai nom). Nom d'un leprechaun bourré ! Décidément, je crois que ça l'amuse profondément de me balancer des clins d'oeil cosmiques qui ne font rire que lui (moi, à chaque fois, ça me donne envie de tricoter une corde pour me pendre avec). Allez, hop, un troisième Gary (après Lightbody et Jules) sur la playlist de Parallèle. Et un de plus sur la longue et interminable liste des "coïncidences" garyesques.

 

Sans oublier un autre "clin d'oeil" qui date de la semaine dernière, où, en surfant sur le PC de mon père (chez mon père, donc, sur un engin sur lequel je ne vais jamais, et où je n'ai donc jamais tapé les quatre lettres du prénom de mon tortionnaire) pour lui commander un micro de L5, je me fais inonder de pubs (aaaah j'adore les PC sans anti-spams ...). Dont une pub que je n'arrive pas à fermer. Celle-ci (oui je l'ai prise en screencap, histoire de montrer au monde que je ne suis pas folle/parano/timbrée. Pas totalement du moins) :

 

harcelement-copie-2.JPG

 

 

Vous avouerez que tout de même, ça commence à en faire, des "coïncidences". Maintenant ils appellent même les poufs Gary. Avec des pois en plus. Mais dans quel monde vivons-nous ?? (il est cher en plus le bazard !). Je vous jure, j'étais en apnée devant ce PC, avec mon père qui trépignait comme un gamin derrrière ("dis, tu la trouves ma L5, hein, dis, tu la trouves ?"). Enfin bref ...

 

Mais mon petit pouf à pois ne se contente pas de me harceler à coups de soldes trop chers, il squatte aussi mon quotidien hors écran, par exemple en venant, mine de rien, me balancer des odeurs fantômes dans la figure quand je m'y attend le moins. Les siennes, en l'occurence. J'étais tranquillement allongée sur mon lit, dans le noir, Mohinder vissé sur les oreilles pour me détendre en attendant que le sommeil (repoussé par la quantité ahurissante de cappuccino que j'avale à longueur de journées) arrive, branché sur Make This Go On Forever de Snow Patrol (en plus ! Il a choisi LA chanson, le fourbe). Tout d'un coup, une odeur, mélange de bière fraîche, cigarette froide, vapeurs de comptoirs, shampoing frais, et autre chose, plus "humain", plus naturel, une odeur de peau, chaude, douce, musquée, masculine. J'ai eu l'impression que chacun de mes muscles se calcifiait, que le sang se figeait dans mes veines et si je n'avais pas humé de toute la force de mes poumons ratatinés pour m'assurer que je ne délirais pas, j'aurais sans doute arrêté de respirer. J'ai même senti une bouffée de la chaleur caractérique d'un corps étendu à côté du mien, trop loin pour être touché, mais suffisamment près pour être ressenti. Je sais que ça parait dingue, insensé, voire malsain, mais je sais, je sens, qu'il était près de moi à ce moment-là, pendant que son illustre homonyme susurrait ses lamentations chocolatées dans le creux de mes oreilles. Et le pire dans toute cette histoire de fous ? C'est que j'ai adoré ça. J'ai adoré le sentir auprès de moi, avoir son odeur dans les narines, et pouvoir en être si proche. J'aurais voulu avoir le courage d'arracher mes écouteurs pour écouter sa respiration (c'est bien la première fois que je "regrette" presque avoir eu du Snow Patrol dans les tympans), la force de tendre la main vers ce corps invisible allongé près du mien.

 

Please don't let this turn into something it's not
I can only give you everything I've got
I can't be as sorry as you think I should
But I still love you more than anyone else could

...

Would you lie with me and just forget the world ? ...

 

Mais bon, je n'ai pas bougé un cheveu, et il s'est évaporé. L'air autour de moi a senti de nouveau sa familière odeur de linge fraîchement lavé, et le côté droit de mon lit est redevenu froid et vide. Et, comme toujours, je me suis levée, et j'ai passé presque tout le reste de la nuit à écrire, en essayant de paraître pour moi-même moins troublée que je ne l'étais en réalité par cette "visite". Bon, sang, je suis définitivement bonne à enfermer. Je peux avoir une camisole à pois ?

 

Pour en finir (pour aujourd'hui du moins), avec Gary, petit projet tricot qui fleurit dans ma petite tête intoxiquée, première étape d'un vaste projet-groupie (qui consiste à fabriquer de mes blanches mains au moins un objet/vêtement/symbole/etc représentatif de chacun de mes sept personnages "principaux"). Et c'est avec Gary que s'ouvre le bal, puisque je viens d'acheter la laine pour tricoter son écharpe, la fameuse écharpe grise qui ne le quitte jamais. Un moyen comme un autre de lui dire que je l'accepte dans ma vie, que je porterai avec plaisir ce petit morceau de lui autour de mon cou ... Qui sait ? Il y mettra peut-être encore son odeur ...

Par Lyra Ulchabhán
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