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Je savais qu'une fois que j'aurais commencé, on ne m'arrêterait plus ! Après avoir donc parlé de mon problème mental (enfin, je veux dire, de Gary), voilà que je me sens obligée de recommencer aujourd'hui ...

Vous savez (ou, si vous ne le savez pas, vous le saurez), que la musique fait partie intégrante de ma vie, de mon quotidien, spiritualité y compris. Je suis un vrai jukebox ambulant, qui, s'il n'a pas Mohinder dans les oreilles, se traîne toujours une chanson dans la tête (et pas toujours parmi les meilleures, d'ailleurs). Dès que je fais quelque chose, que je prends mes aiguilles pour tricoter, que je dessine dans mon Grimoire, que je bidouille un petit quelque chose, c'est automatique, j'allume la musique. Evidemment, l'écriture n'échappe pas à la règle, et la musique y prend souvent une part non négligeable, puisqu'elle devient source d'inspiration (certaines scènes de mes romans ont intégralement été inspirées par les chansons que j'écoutais à ce moment-là). La playlist de Parallèle est plutôt chargée, étant donné sa longueur, et j'ai eu la chance de trouver un morceau convenant à merveille à chacun de mes personnages, que je leur ai naturellement attribué dans le même esprit que les "themes" des bandes originales de film.
Tous sauf ... Gary. Comme c'est étonnant.
Jusqu'à présent, pas moyen de trouver une musique qui lui colle parfaitement à la peau, il y avait toujours un petit détail pour me gêner, empêcher cette satisfaction parfaite que j'éprouvais envers chaque autre protagoniste, bref, comme d'habitude, le bougre faisait la grinche à la musique, alors même qu'il est le plus musical de tous mes personnages (guitariste brisé, je le rappelle).
Mais c'était avant hier soir. J'ai écouté l'album de Tired Pony en boucle depuis que je l'ai reçu, hier matin, et si j'avais été vraiment transportée par chaque piste, et si la dernière m'avait fait penser à Gary sans que je sache vraiment pourquoi (il m'arrive tellement souvent de penser à lui que je n'y prête plus attention parfois) je n'avais pas plus tilté que ça. Et puis hier soir (ou plutôt très tôt ce matin, puisqu'il était 3h du matin, oui, je suis une vilaine fille nocturne), alors que je n'avais pas sommeil et que je continuais mon tricot pour tenter de me fatiguer, avec l'album toujours dans les oreilles, j'ai écouté la dernière piste, Pieces, avec des oreilles tout à fait différentes. Les oreilles de la nuit. Et, on a beau dire ce que l'on veut, la musique n'est pas la même le jour que la nuit. Assise dans mon lit, mon tricot entre les mains, j'ai soudain été frappée dès le premier accord. J'ai laissé tomber mes aiguilles pour lire les paroles sur le livret (j'avais globalement compris la plupart des mots, mais je voulais être sûre de ne rien louper), et là, le déclic s'est enfin produit. Tout, dans cette chanson, transpire Gary (le mien) à grosses gouttes, des paroles jusqu'à la musique, la sonorité métallique de la voix, la discordance des dernières minutes, tout. Cette chanson, c'est lui. Entièrement. Totalement. Eperdument. J'aurais tant voulu l'écrire, mettre moi-même ces mots sur le papier, lui dire moi-même ces paroles tellement appropriées à son histoire, entonner moi-même cette mélodie qui lui ressemble tant ... Mais je dois me contenter d'en être reconnaissante à Gary Lightbody pour avoir composé cette merveille qui fait surgir en moi l'image vivace de mon Gary arpentant les ruelles, fantôme ravagé d'une capitale endormie, titubant sous son désespoir alcoolisé, ne regardant même plus le ciel en quête de rédemption ... Jusqu'à la rencontre, celle qui change tout, celle qui bouleverse, qui chamboule, qui retourne, qui assassine pour mieux revenir à la Vie, la vraie, celle qui pulse dans les veines et fait d'un organe mort un coeur qui bat.
Je n'ai jamais autant ressenti mon Gary que cette nuit. Je ne l'ai jamais autant compris que cette nuit. Et je ne l'ai jamais autant aimé que cette nuit.
Je vous recopie ici les paroles de la fameuse chanson, avec une (maladroite) traduction que j'ai tenté de faire (et qui lui ôte toute sa poésie, c'est juste pour celles et ceux qui ne comprendraient pas bien l'anglais), et, naturellement, un petit coup de pouce de mon ami Deezer pour vous la faire écouter.
.:. Pieces .:.
You see her from the deep garden and her hair is soaking wet
The bedroom light is flickering to the pounding of your heart
You close your eyes and count to ten and when they open you are steeled
And slow your breathing down to meet all the shadows and the ghosts
The pieces of your heart collapse to the sound of beating drums
You can't contain it anymore so just let the madness come
There's something in the way she moves that just terrorises you
You've tried to piece confusing clues together in your head.
I see you there, you're shining like a beacon
The fabric tears and my love burns for you
The end of me is in there with you right now
The car engine is still too hot to touch.
You're married to her in your mind and she loves you like a son
You're yearning for a place in time and a home to call your own
It smashed into you hard enough that you will not soon forget
Your want her like a sword and shield and you want her here and now.
I see you there, you are my only empire
I call your name but it becomes the wind
The sudden lurch the quickening of foot falls
My bible held above me like an axe.
.:. Morceaux .:.
Tu la vois depuis le profond jardin et ses cheveux sont trempés
La lumière de la chambre est vascillante au battement de ton coeur
Tu fermes les yeux et comptes jusqu'à dix, et quand tu les rouvres tu es endurci
Et tu ralentis ta respiration pour rencontrer les ombres et les fantômes
Les morceaux de ton coeur s'effondrent au son du tambour battant
Tu ne peux plus le contenir alors laisse juste la folie venir
Il y a quelque chose dans sa façon de bouger qui te terrorise
Tu as essayé de rassembler des indices confus dans ta tête
Je te vois là, tu es brillant comme un phare
Le tissu des larmes et mon amour qui brûle pour toi
Ma fin est maintenant là avec toi
Le moteur de la voiture est encore trop chaud pour être touché
Tu es marié à elle dans ton esprit, et elle t'aime comme un fils
Tu aspires à une place dans le temps et à un foyer à appeler comme tien
C'est assez durement brisé en toi pour que tu ne l'oublies pas de sitôt
Tu la veux comme une épée et un bouclier, et tu la veux ici et maintenant
Je te vois là, tu es mon seul empire
J'appelle ton nom, mais il devient le vent
La soudaine embardée, l'accélération de la fièvre retombe
Ma bible tenue au-dessus de moi comme une hache.
Je crois qu'il n'est pas nécessaire d'ajouter quoi que ce soit ...