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La personne qui peut, dans mon entourage direct, se rapprocher le plus d'une amie, est une fan inconditionnelle de
Kevin Spacey, et m'a donc amenée à visionner la quasi intégralité de sa filmographie. Il a y a beaucoup d'acteurs et d'actrices que j'aime, mais alors que parfois il est arrivé qu'un film de
Christian Bale (qui est pourtant mon chouchou de toujours, jusqu'à la fin des temps et au-delà ... ou pas) me déçoive (Bad Times pour ne pas en citer), je dois bien avouer qu'aucun film de Spacey
ne m'a jamais déçue, même si ses choix pouvaient parfois, de prime abord, sembler discutables. C'est ce qu'on appelle une valeur sûre.
Quel rapport avec Tired Pony, me demanderez-vous ? Parce qu'il en est ainsi de son fondateur, Gary Ligthbody. C'est une valeur sûre. Je peux même aller plus loin en ajoutant que Gary Lightbody
est à la musique ce que Kevin Spacey est au cinéma (si ma Chouette passe par ici, elle devra me faire 50 génuflexions en hurlant le monologue du Cid, pour me rendre grâce d'avoir dit cela), ce
que Caspar David Friedrich est au romantisme, ce que Ramses II est à l'égyptologie, ce que le gâteau au yaourt est à la pâtisserie, ce que Nutella est à la crèpe party, bref, il est de ces
personnes que l'on peut suivre sans craindre de se retrouver perdu au bord de la route, de ces artistes auxquels on peut faire une confiance aveugle, même s'ils nous font parfois grincer des
dents avec leurs idées échevelées.
Vous ne vous souvenez pas à quoi (ou plutôt à qui) ressemble Gary Lightbody ? Pas de panique, Mamy Lyly est là pour ça (dit-elle en extirpant glorieusement de son disque dur les photos de la
rencontre Snow Patrolienne du 30 mai dernier) :

Oui, la photo est un peu sombre, je sais ... Et oui, j'ai écrit sur son bras, parce que
1) je suis evil, et 2) je ne veux pas retrouver cette photo ailleurs, j'ai perdu une breloque de boucle d'oreille dans la bataille (dans la chemise de Pablo en fait, non, ce n'est pas ce que vous
croyez), ce n'est pas pour me faire barboter mes trophées de chasse par le premier opportuniste venu. Cornes de bouc ! (et encore, j'aurais pu tagger son occiput, je suis
sympa)
Vous le voulez de face aussi ? Bon, je suis d'humeur généreuse (et puis j'adore ressortir cette photo comme un lapin de mon chapeau, ça fait du bien. D'autant plus que je ne l'avais pas mise sur
ce blog, si ma mémoire est bonne ... Avec toujours le traditionnel tag pour éviter les copies ... Pour info, pour ceux qui ne le sauraient pas encore, le parasite à frange avec les cernes -
fruits de 36 heures sans sommeil, 3 heures de train, un repas plus que frugal et 2 heures de concert échevelé - c'est moi.) :

Oui, je sais. On est beaux. Mwahahahahaha.
Tired Pony est donc né sur le bloc-notes de ce cher Gary, un joli soir de mai 2009 (cuicui dans les arbrisseaux, grenouilles amoureuses en fond sonore, clignotements célestes en bis des lampes
électriques, odeur d'herbe fraîche et de bois chaud, vous voyez le tableau. Oui, je suis d'humeur poétique aujourd'hui), et a rassemblé, sur une idée folle que notre songwriter préféré traînait
apparemment depuis des années, une belle brochettes d'artistes tout aussi talentueux pour composer un album à la vocation d'hommage à la folk et à la country américaine (ça fait peur, je sais,
mais attendez donc la suite). Après quelques coups de fil (j'ai toujours trouvé cette expression agressive, "coup de fil" ... A croire qu'on vous fouette à coups de câbles téléphoniques quand on
cherche à vous joindre), Tired Pony était donc composé de : Gary Lightbody (logique, il n'allait pas s'auto-exclure de son propre projet), Peter Buck (de REM), Richard Colburn (de Belle &
Sebastian), Iain Archer (un vieux pote de route, qui avait déjà travaillé avec Snow Patrol), Scott McCaughey, Troy Stewart, le producteur Jacknife Lee (un vieux briscard de chez Snow Patrol, lui
aussi), Tom Smith (d'Editors), M Ward & Zooey Deschanel (de She & Him, et accessoirement petite soeur d'Emily Deschanel, actrice principale de Bones, notamment). Quand je parlais de belle
brochette ...
En début d'année (janvier si mes souvenirs sont exacts, mais j'ai la flemme de vérifier), tout ce beau monde se rassemble dans un sous-sol de Portland (riante cité de l'Oregon, état par ailleurs
manquant à la collection de boules à neige de la mère de Gabriel Gray, mais là est une autre histoire) et enregistre en une semaine un opus composé de 9 créations de Gary et d'une piste écrire
par Iain Archer. The Place We Ran From est né. Il faut attendre le 12 juillet pour que l'album soit finalement dans les bacs, et le 16 (ce
matin, donc) pour qu'il soit dans ma boîte aux lettres.
J'avais déjà écouté deux échantillons de Tired Pony (I Finally Love This Town, qui n'a finalement pas été retenue pour l'album, et Dead Amercian Writers, le
premier single, que vous pouvez notamment écouter sur ce blog) et j'avais bien accroché (oui, Mamy Yavie aime la folk et la country, encore plus si elle a des airs de chants d'irlandais entonnés
depuis le pont du Mayflower), je me suis donc jetée sur l'album comme une mouette sur un filet de pêche et ...
Je l'écoute en boucle, en faisant mon tricot. N'y voyez aucune allusion vieillissante ou abrutissante, il s'agit simplement de mon passe-temps du moment, sur lequel je passe des nuits blanches et
des heures musicales à m'en coller de la corne au bout des doigts. Et, même si j'ai de l'arthrite, des cheveux blancs, et des genoux qui couinent par temps humide, je rappelle que je suis encore
dans la diabolique fourchette des 20-30 ans. Jeune, donc. Cet album est un petit bijou. On regrette juste qu'il n'ait pas plus de pistes, pour prolonger le dépaysement. Un album qui fait voyager,
traverser l'atlantique et explorer une nouvelle terre, de l'autre côté de l'océan familier. Un hommage à la musique américaine dans ce qu'elle avait de plus pur avant d'être avilie par la
musique-poubelle-marketing. Une merveille.
Je vous avais dit que je tricotais ... Voilà donc un aperçu de mon quotidien, tricot en jersey vert en écoutant béatement Tired Pony, le tout sous l'oeil attentif de Gary #3, mouton irlandais
de son état. (Le #1 étant mon alcoolique, le #2 le chanteur dont je ne parle jamais.)
Franchement, je me demande où ce cher Gary va chercher tout ça. Soit les fées se sont penchées sur son berceau, soit il se traîne une muse particulièrement prolixe et envahissante, soit il est
venu au monde avec plusieurs cerveaux entièrement dédiés à la création musicale. Raaah, comme je le déteste, parfois (c'est juste parce que je suis une vile jalouse qui n'a jamais composé qu'un
seul et unique morceau dans sa vie, impitoyablement jeté aux orties par sa vieille harpie de prof de piano. Voilà ce que je suis, une vieille jeune frustrée par ses années de classique. Pauvre de
moi). Heureusement, je fais de la création par procuration grâce à ce bon vieux Gary (tiens, ça me rappelle Joe Dassin ... Si tu n'existais pas, dis-moi pourquoi j'existeraiiiii ... blablabla, on
peut pas tout à la fois siffler l'apéro et l'opéra).
Je vous encourage donc vivement à acheter cet album, parce que vraiment, il vaut le détour (ne le téléchargez pas, par pitié, c'est comme enfoncer un couteau à dents dans le dos de l'artiste en
le tournant pour l'enfoncer entre ses côtes palpitantes. Comment ça je dramatise ?). Mes Gary (le mouton et l'alcoolo, oui, c'est une longue histoire) et moi soutenons Gary (Lightbody) jusqu'à la
mort (oui enfin ... nos instincts de survie protesteront sûrement un peu tout de même). Parmi toutes les cloques infâmes qui recouvrent le corps meurtrie de la Musique en ces temps actuels,
l'album de Tired Pony se pose comme un baume apaisant pour nos oreilles malmenées.
Site Officiel
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Et maintenant, place à la critique, album par album ... Qui sera pour l'instant rapide, puisqu'il n'existe qu'un seul album à ce jour.
.:. The Place We Ran From (2010)
Je ne reviendrai pas sur le style
musical, que j'ai déjà longuement évoqué, je vais donc immédiatement passer au commentaire chanson par chanson :
North Western Skies : Enchanteur. Ce morceau est enchanteur, presque céleste, aérien, délicieusement évanescent. Un choeur qui vous remue les intestins dans l'abdomen (oui, la
poésie est morte, place aux comparaisons viscérales).
Get On The Road : Un très harmonieux duo entre Gary Lightbody et Zooey Deschanel, un peu dans l'esprit de celui avec Matha Wainwright sur Eyes Open, de Snow Patrol (Set The Fire
To The Third Bar), c'est à dire qu'ils chantent ensemble du début à la fin, leurs deux voix se mêlant en une seule. Magnifique.
Point Me At Lost Island : Des sonorités franchement country pour ce très beau morceau entraînant et tonique à souhait, dépaysant, dans le sens le plus noble, le plus pur, du
terme.
Dead American Writers : Sans doute mon morceau favori du moment (vu que je change tout le temps de morceau favori dans tout ce que j'écoute ... Je suis une fan infidèle, shame on
me), que j'écoute en boucle sans m'en lasser, tant ses accords folk me ressemblent ... Pour vous faire une idée, il s'agit de la chanson diffusée sur ce blog.
Held In The Arms Of Your Words : Une balade larmoyante comme Gary Lightbody en a le secret, qui vous colle la chair de poule et vous donne envie de vous jeter sous une péniche
pour l'emporter avec vous dans l'au-delà. Si si.
That Silver Necklace : J'adore le jeu de guitare sur cette chanson (raaah ça me donne encore plus envie d'apprendre à en jouer), et la superbe performance vocale de Gary, qui lui
donne tout son relief. On en mangerait.
I Am The Landslide : Morceau composé et interprété par Iain Archer, absolument magnifique. Une mélodie superbe, une voix claire et agréable, un rythme avec juste ce qu'il faut de
tonus ... Un gros coup de coeur.
The Deepest Ocean There Is : Une chanson toute en douceur, en subtilité, qui repose le corps et l'esprit et fait voyager loin de nos quotidiens trop ... quotidiens.
The Good Book : Interprétée par Tom Smith et sa voix si particulière (que l'on ne s'attendrait pas à entendre en le voyant, d'ailleurs) qui lui donne toute sa force et sa
puissance. Parfaite synthèse du tendre et du profond (comme le Bresse Bleu, tiens)
Pieces : Sans doute mon autre morceau favori, qui m'a immédiatement fait penser à Gary (le mien, l'alcoolo, pas celui qui l'a composée), par sa sonorité nocturne (ne me demandez pas pourquoi, c'est sorti tout
seul), la voix éthérée, et le rythme discordant de la fin. J'ai une terrible envie de l'utiliser pour écrire, je sens qu'elle va débloquer Gary (le mien, toujours) qui peine un peu en ce moment
(comme tous les alcoolos sevrés en mal de bibine, j'imagine). Une perle. Tout simplement sublimissime.
Allez, zou, ruez-vous sur Amazon, faibles mortels !